Détection de fentanyl mélangé à une nouvelle benzodiazépine lors d’une saisie de drogues

Territoires du Nord-Ouest, le 7 mai 2025 – L’administratrice en chef de la santé publique (ACSP) met les résidents en garde concernant la détection récente d’une nouvelle combinaison de drogues potentiellement dangereuse aux Territoires du Nord-Ouest. À la suite d’une vérification du bien-être effectuée après avoir intercepté un véhicule entre Fort Good Hope et Norman Wells à la mi-mars, l’analyse des drogues saisies a permis de détecter la présence de fentanyl, de crack et de méthamphétamine. On a également détecté la présence de désalkygidazépam (une nouvelle benzodiazépine) dans le fentanyl en tant que composant supplémentaire.

MISE À JOUR : Le 13 mai 2025, à 8 h 30. Après des analyses plus poussées, Santé Canada a confirmé la présence de kétamine et d’héroïne dans le fentanyl saisi, en plus du désalkygidazépam. Pour vous aider à le repérer, veuillez prendre note que le fentanyl se présentait sous la forme d’une poudre verte.

À propos du désalkygidazépam

Santé Canada a confirmé la présence de désalkygidazépam dans le fentanyl saisi le 5 mai 2025. Cette substance psychoactive n’est généralement pas détectée dans le cadre des analyses toxicologiques de routine et nécessite une analyse en laboratoire spécialisée, entraînant ainsi un retard dans la communication des résultats.

Le désalkygidazépam est un dérivé de benzodiazépine rare initialement conçu dans l’ancienne Union soviétique. Il est connu pour ses propriétés anxiolytiques et est également utilisé dans la gestion de certains troubles cardiovasculaires. Le mélange de benzodiazépines avec des opioïdes comme le fentanyl pourrait faire en sorte que les effets de la drogue durent plus longtemps ou soient plus puissants, et la naloxone ne sera plus aussi efficace.

Risques pour la santé

Il n’y a pas de signes visibles indiquant la présence d’opioïdes ou de benzodiazépines dans les drogues illicites. Il est impossible de les détecter à la vue, à l’odorat ou au goût.

L’intoxication aux benzodiazépines se caractérise par :

  • une somnolence excessive;
  • une perte d’équilibre et de coordination;
  • une amnésie partielle : le plus souvent, il s’agit d’une incapacité à suivre une conversation ou à converser.

Des doses élevées de drogues mélangées à des benzodiazépines et à des opioïdes, comme le fentanyl, augmentent le risque de surdose. Cette combinaison peut :

  • prolonger et intensifier la sédation;
  • réduire l’efficacité de la naloxone;
  • provoquer de graves problèmes respiratoires, une perte de conscience, ou la mort.

Que faire si vous soupçonnez une surdose?

Si vous soupçonnez une surdose, appelez le 911 ou votre centre de santé local. Parmi les signes et symptômes d’une surdose aux opioïdes, mentionnons :

  • La personne a une respiration lente ou interrompue.
  • La personne a les lèvres et les ongles bleus.
  • La personne ne bouge plus.
  • La personne s’étouffe.
  • La personne produit des bruits de gargouillement ou de ronflement.
  • La personne souffre de somnolence grave.
  • La personne ne peut être réveillée.
  • La personne a la peau froide et moite.

Bien que la naloxone (agent inverseur d’opioïdes) n’arrête pas les effets d’une surdose de benzodiazépines, elle devrait tout de même être administrée, car elle pourrait inverser les effets des opioïdes qui peuvent également avoir été consommés. Plusieurs doses de naloxone pourraient être nécessaires en présence d’un mélange d’opioïdes et de benzodiazépines.

Ce que cela signifie pour les résidents des TNO

Il s’agit de la première fois que l’on détecte le désalkylgidazépam dans une drogue illicite aux Territoires du Nord-Ouest. Il a été détecté pour la première fois au Canada en avril 2022. L’ACSP prévient également la population que l’on constate également ce qui suit aux TNO :

  • Une présence accrue de méthamphétamines;
  • De plus grandes quantités de fentanyl.

En 2024, il y a eu cinq décès liés aux opioïdes survenus dans quatre collectivités différentes aux TNO. Tous ces incidents révèlent une évolution préoccupante de la présence de drogues illicites aux TNO.

Conseils de sécurité pour les consommateurs de drogues :

  • Ne consommez jamais de drogues seul.
  • Commencez par de petites doses.
  • Gardez de la naloxone à proximité et sachez comment l’utiliser.
  • Ne mélangez pas différentes drogues ou la drogue et l’alcool.

Disponibilité des trousses de naloxone

Nous rappelons aux résidents que des trousses de naloxone sont disponibles dans tous les hôpitaux, centres de santé et pharmacies des TNO.   

Protection juridique

La Loi sur les bons samaritains secourant les victimes de surdose protège les personnes impliquées dans une surdose contre toute accusation de possession d’une substance contrôlée. Cette loi encourage toute personne à appeler à l’aide si elle est témoin ou victime d’une surdose.

Surveillance de la présence de drogues à Yellowknife

En juillet 2024, l’ACSP a conclu une entente avec la Ville de Yellowknife pour effectuer des analyses mensuelles des eaux usées de Yellowknife pour y détecter la présence de drogues illicites.

  • Un échantillon d’eaux usées ne représente qu’un aperçu ponctuel de la situation, à des fins de contrôle et de surveillance, ce qui signifie que les échantillons ne reflètent pas la présence de toutes les drogues à Yellowknife ou aux TNO.
  • Les données obtenues n’indiquent que le type de drogues détectées dans les échantillons d’eaux usées, et non pas la quantité de ces drogues présente.
  • Une substance est identifiée lorsqu’elle atteint un niveau qui peut être détecté à l’aide de l’instrument de mesure (spectrométrie de masse). Une substance peut être présente, mais ne pas être détectée, car sa concentration est trop faible.
  • Pour les médicaments sur ordonnance, l’échantillonnage des eaux usées ne permet pas de savoir si le médicament a été pris conformément à la prescription ou s’il a été consommé de manière illicite.

Ces résultats devraient être publiés tous les six mois sur le site Web du gouvernement du Canada.

L’ACSP continue de travailler avec les fournisseurs de soins de santé de première ligne, les coroners, la GRC et d’autres intervenants de première ligne, parallèlement à l’analyse des eaux usées et aux interventions dans les collectivités, afin de mieux comprendre le risque que les drogues illicites continuent de poser pour les résidents des TNO.

 

Pour en savoir plus

 

Les représentants des médias sont priés de s’adresser à :

Andrew Wind
Gestionnaire des communications
Santé et Services sociaux
Andrew_Wind@gov.nt.ca