Territoires du Nord-Ouest, le 21 juillet 2025 – L'administratrice en chef de la santé publique informe la population que deux nouvelles substances préoccupantes ont été détectées dans les eaux usées de Yellowknife (voir la section Surveillance des eaux usées à Yellowknife ci-dessous) : l’isotonitazène et la xylazine. Ces substances ont été identifiées dans le plus récent rapport de l’Initiative nationale de surveillance des drogues dans les eaux usées (INSDUE) pour le site de Yellowknife, qui repose sur des données de mai 2025.
C’est la première fois que ces substances sont détectées aux TNO. Les deux substances peuvent avoir des effets nocifs chez l’humain selon leur puissance. Elles ne peuvent pas être détectées à l’aide d’une bandelette réactive au fentanyl. Le rapport indique également qu’un analogue du fentanyl, un opioïde de synthèse dont la structure et les effets sont similaires à ceux du fentanyl, était également présent à des niveaux détectables; il s’agit seulement de la deuxième fois qu’on le détecte depuis le début de la surveillance des eaux usées en juillet 2024.
À propos de l’isotonitazène
L’isotonitazène est un opioïde de synthèse appartenant au groupe chimique des benzimidazoles (aussi appelés nitazènes) qui agit de façon similaire au fentanyl. On estime que l’isotonitazène est plus puissant que le fentanyl, bien que les données à son sujet soient limitées. Une surdose peut être renversée à l’aide de la naloxone. Les nitazènes sont distincts du fentanyl sur le plan chimique et ne peuvent pas être détectés à l’aide d’une bandelette réactive au fentanyl.
Les nitazènes ont été synthétisés pour la première fois dans les années 1950 comme produits chimiques destinés à la recherche, mais n’ont jamais été utilisés en contexte clinique en raison de leur pharmacocinétique imprévisible et de la disponibilité de médicaments plus sûrs. Leur présence est de plus en plus détectée au Canada depuis 2024. En avril 2025, la GRC de Fort Saint John, en Colombie-Britannique, a signalé trois décès attribués à des comprimés contrefaits d’« Oxycet » contenant de l’isotonitazène.
À propos de la xylazine
La xylazine est un sédatif puissant souvent utilisé pour altérer des opioïdes illicites, notamment le fentanyl. Il s’agit d’un agoniste des récepteurs α2-adrénergiques, et non d’un opioïde, ce qui signifie que la naloxone ne peut pas en inverser directement les effets. Elle ne peut pas non plus être détectée à l’aide d’une bandelette réactive au fentanyl.
La xylazine est utilisée comme tranquillisant en médecine vétérinaire et est parfois détournée des stocks pour alimenter le marché de la drogue illicite. Depuis le début de l’année 2024, des vagues de surdoses dans plusieurs provinces et territoires du Canada ont été attribuées à des mélanges de xylazine et de fentanyl.
Risques pour la santé
Il n’y a pas de signes visibles indiquant la présence de nitazènes ou de xylazine dans les drogues illicites. Il est impossible de les détecter à la vue, à l’odorat ou au goût. Il est important de noter que ces drogues ne peuvent pas être détectées à l’aide de bandelettes réactives au fentanyl; ainsi, un résultat négatif ne signifie pas que votre drogue est sans danger!
L’isotonitazène est un opioïde : une surdose se présentera de la même façon qu’une surdose causée par le fentanyl ou d’autres opioïdes.
Il n’existe aucun moyen de distinguer une intoxication aux nitazènes d’une autre surdose d’opioïdes sans tests spécialisés.
La xylazine aggrave généralement les surdoses aux opioïdes, et une surdose se manifeste de manière similaire à une surdose régulière. Certaines caractéristiques particulières des surdoses impliquant la xylazine comprennent ce qui suit :
- Efficacité réduite de la naloxone et persistance de la sédation même si la respiration est rétablie.
- Possibilité d’ulcères cutanés sévères au site d’injection.
Que faire si vous soupçonnez une surdose?
Si vous soupçonnez une surdose, appelez le 911 ou votre centre de santé local. Parmi les signes et symptômes d’une surdose aux opioïdes, mentionnons :
- Difficulté à marcher, à parler ou à rester éveillé
- Étourdissements et confusion
- Pupilles de très petite taille
- Absence de réaction (personne incapable de se réveiller, même lorsqu’on la secoue ou qu’on crie)
- Signes d’hypoxie
- Respiration lente, faible ou inexistante
- Lèvres ou ongles bleus, violets ou grisâtres
- Peau moite et froide
- Gargouillis, suffocation ou ronflements
Cliquez ici pour en savoir plus sur la prévention des surdoses d’opioïdes.
REMARQUE : Bien que la naloxone (agent inverseur d’opioïdes) n’arrête pas les effets de la xylazine, elle devrait tout de même être administrée, car elle pourrait inverser les effets des opioïdes qui peuvent également avoir été consommés. Il est important de savoir que la xylazine peut provoquer une sédation qui peut se poursuivre même si la naloxone a rétabli la respiration de la personne. Il ne sera peut-être pas nécessaire d’administrer des doses supplémentaires de naloxone, mais il faudrait néanmoins appeler les premiers intervenants (911) en renfort.
Ce que cela signifie pour les résidents des TNO
Nous ne pouvons pas savoir sous quelle forme ces drogues font leur apparition sur le marché en nous basant sur les renseignements obtenus à partir de l’analyse des eaux usées. On s’en sert plus couramment comme additifs visant à altérer les opioïdes illicites, mais nous encourageons les consommateurs de toute drogue à redoubler de prudence.
- Cliquez ici afin d’obtenir des conseils pour faire la fête en toute sécurité
- Cliquez ici pour en savoir plus sur les trousses de naloxone
Surveillance des eaux usées à Yellowknife
En juillet 2024, l’administratrice en chef de la santé publique (ACSP) a conclu un protocole d’entente avec la Ville de Yellowknife pour effectuer un projet pilote d’analyses mensuelles des eaux usées de Yellowknife afin d’y détecter la présence de substances réglementées. Les résultats de ces analyses sont publiés tous les six mois sur la page du Système canadien de surveillance des drogues et des substances (SCSDS). L’ACSP poursuit son travail avec les professionnels de la santé, les premiers intervenants, les coroners, la GRC et d’autres travailleurs de première ligne pour parvenir à recueillir de meilleures informations aux TNO.
- Un délai de traitement d’au moins six semaines est nécessaire entre le prélèvement d’échantillons et la production d’un rapport, ce qui signifie que les données que nous venons de recevoir sont celles de mai 2025.
- La composition des eaux usées est une mesure compliquée à utiliser, car les échantillons ne sont pas représentatifs de toutes les drogues en circulation à Yellowknife ni aux TNO.
- Les données fournies par l’Initiative nationale de surveillance des drogues dans les eaux usées (INSDUE) offrent une analyse sur le plan qualitatif, mais pas sur le plan quantitatif, ce qui signifie que nous pouvons détecter la présence d’une substance, mais pas sa quantité.
- La présence d’une substance est relevée lorsque sa concentration est supérieure au seuil de détection de l’instrument de mesure utilisé (un spectromètre de masse, en l’occurrence). Une substance peut être présente, mais ne pas être détectée, car sa concentration est trop faible.
- Ce n’est pas parce qu’une substance est détectée pour la première fois qu’elle n’était pas présente auparavant. Cela signifie seulement qu’elle est présente au moment où la mesure a été effectuée.
Protection juridique
La Loi sur les bons samaritains secourant les victimes de surdose protège les personnes impliquées dans une surdose contre toute accusation de possession d’une substance contrôlée. Cette loi encourage toute personne à appeler à l’aide si elle est témoin ou victime d’une surdose.
Si vous choisissez de consommer de la drogue, prenez-en d’abord une petite dose, ne restez pas seul, gardez une trousse de naloxone tout près et sachez comment l’utiliser. Ne mélangez pas différentes drogues ou la drogue et l’alcool. Le mélange de substances psychoactives augmente le risque de surdose.
Pour en savoir plus :
- Les drogues aux TNO
- Signes et symptômes d’une surdose aux opioïdes
- Où se procurer une trousse de naloxone aux TNO
- Fiche de renseignements sur la xylazine du RCCET
- Fiche de renseignements sur les nitazènes du RCCET
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Santé et Services sociaux
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